Nouvelle version de la Recommandation « Produits cosmétiques » de l’ARPP applicable dès aujourd’hui, 1er juillet 2019. Que retenir ?

Comme vous le savez, une nouvelle version de la Recommandation ARPP « Produits cosmétiques » (la V8) a été adoptée il y a quelques mois déjà et est applicable… dès aujourd’hui !

Jusqu’à ce jour, une période de tolérance a été instituée afin d’accompagner les marques et les agences à adapter leurs communications en douceur.
Cette période touche désormais à sa fin et à compter d’aujourd’hui, les nouvelles dispositions s’appliquent.

Mais au fait, c’est quoi un produit cosmétique ?
La définition est donnée par l’article 2 du Règlement CE n° 1223/2009 du 30 novembre 2009. Il s’agit de « toute substance ou tout mélange destiné à être mis en contact avec les parties superficielles du corps humain (épiderme, systèmes pileux et capillaire, ongles, lèvres et organes génitaux externes) ou avec les dents et les muqueuses buccales, en vue, exclusivement ou principalement de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état, de corriger les odeurs corporelles ».
Entreront donc dans cette définition des produits tels que des crèmes, des déodorants, des gels douches, des dentifrices, des mascaras, etc.

Pourquoi avoir réfléchi à une nouvelle version de cette Recommandation ?
L’objectif principal était de rester en adéquation avec les évolutions des pratiques. Il était important également de s’assurer de l’harmonisation des dispositions de la Recommandation « Produits cosmétiques » avec le Règlement de la Commission (UE) N°655/2013 et le « Technical document on claims » (document technique relatif aux allégations).
Ces textes définissent les critères communs, critères auxquels les allégations relatives aux produits cosmétiques doivent répondre, et qui sont au nombre de 6 :
– conformité avec la législation,
– véracité,
– éléments probants,
– sincérité,
– équité,
– choix.
Ainsi, chacune des communications en faveur d’un produit cosmétique devra prendre en compte ces critères qui ont été repris par commodité dans l’Annexe de la Recommandation ARPP.

Quelles sont les nouveautés de cette V8 ?
Sept modifications ont été apportées à la version précédente de la Recommandation :
Lorsque les propriétés cosmétiques d’un ou de plusieurs ingrédient(s) seront mis en avant dans une publicité, leur efficacité dans le produit fini devra pouvoir être démontrée. Interdit donc de parler des propriétés hydratantes d’un ingrédient si cet effet n’est pas perceptible une fois le produit fini.
Point 1.2 – Preuves

La norme ISO 16128 a été introduite dans la définition des termes « naturel » et « d’origine naturelle » dans le but de servir de référence. Cela signifie que ces termes pourront être utilisés seulement si, au sens de cette norme, le contenu naturel ou d’origine naturelle est supérieur ou égal à 95%.
Point 3.1 – Produit cosmétique naturel

Lorsque des résultats chiffrés seront mis en avant, ils ne pourront se référer qu’aux résultats moyens obtenus sur la population testée. Fini les « Perdez jusqu’à 5 cm en 2 semaines » ou « Gagnez jusqu’à 3 teintes de blanchiment » !
N’oubliez pas également de mentionner le nombre total de sujets testés.
Point 2. Présentation des performances d’un produit

Pour pouvoir parler de « peau sensible », il faudra désormais effectuer des tests plus restrictifs. Deux conditions devront être remplies :
– Les volontaires devront avoir déclaré des antécédents récents et répétés de symptomatologie fonctionnelle d’inconfort cutané ;
– Ces volontaires ne devront pas avoir présenté, au cours du test d’usage, une augmentation de la symptomatologie fonctionnelle d’inconfort cutané.
Cette disposition impactera en premier lieu les annonceurs qui devront se mettre en conformité leurs processus avec la nouvelle rédaction.
Point 2.9 – Allégation « Peau sensible »

La différence entre les tests objectifs et les tests de satisfaction est précisée.
Les premiers se divisent en deux catégories : les tests instrumentaux effectués à l’aide d’une machine pour mesurer une performance et les tests cliniques effectués sous la supervision d’un expert. Dans ces cas, le résultat sera la mesure directe de la performance moyenne du panel testé. En revanche, pour les tests de satisfaction, seul le pourcentage de satisfaction pourra être mis en avant, et non un pourcentage d’efficacité du produit !
Une allégation du type « 60 % des rides lissées » ne pourra pas être justifiée par une enquête de satisfaction selon laquelle « 60 % des femmes estiment leur peau lissée après usage de la crème » par exemple.
Point 1.3 – Présentation des performances d’un produit

Attention aux allégations « Sans » !
En plus de ne pas constituer l’argument principal de la communication, comme cela était déjà le cas auparavant, ces allégations devront se conformer aux critères communs listés ci-dessus.
L’Annexe de la Recommandation vous donne déjà quelques exemples, critère par critère, pour vous mettre sur la voie.
Dans certains cas particuliers, des revendications « sans » seront autorisées si elles peuvent permettre un choix éclairé à un groupe spécifique de consommateurs. Par exemple, « sans alcool » sera envisageable pour une publicité pour un bain de bouche destiné à toute la famille.
A noter que « 0 % parabène » équivaut à « Sans parabène » !
2.2 Allégations « Sans »

Le terme « hypoallergénique » est le seul mot dérivé d’allergie qui peut être utilisé en publicité, sans explication particulière. Il doit toutefois respecter trois critères techniques : le produit ne doit pas contenir d’allergènes ou précurseurs d’allergènes connus, il ne doit pas donner l’impression de garantir l’absence totale de risque de réaction allergique et le potentiel allergène très faible du produit doit être vérifié et confirmé grâce à des données scientifiquement et statistiquement valides.
Il conviendra aux annonceurs de vérifier que ces critères sont réunis.
Point 2.4 – Allégations « Hypoallergénique »

Quid des stocks déjà sur le marché ?
Les stocks déjà mis sur le marché avant le 1er juillet 2019 pourront être écoulés. En revanche, tout produit commercialisé à compter d’aujourd’hui devra se conformer à cette nouvelle version de la Recommandation. Cela vaut également pour les communications relatives à ce produit mais aussi aux conditionnements mis en avant dans les publicités !

Pour voir et revoir ces nouvelles règles, courrez visionner l’infographie spéciale Produits cosmétiques !
Dans la même dynamique, un Jeudi de l’ARPP de l’été spécial Produits cosmétiques est prévu ce jeudi 4 juillet 2019. N’hésitez pas à vous y inscrire et passer une tête !
Après cela, vous serez des experts !

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